Enfant DYS : comment développer son autonomie sans faire à sa place ?

« Attends, je vais le faire, ça ira plus vite ! » Qui n'a jamais prononcé cette phrase ? Quand on est parent, on veut aider son enfant. Lui éviter les difficultés, les frustrations, les échecs. Et puis, soyons francs, parfois on est pressés, fatigués, et on n'a pas forcément 20 minutes devant soi pour une tâche qui pourrait en prendre 3. Mais quand on est parent d'un enfant DYS, cette question prend encore une autre dimension.

Julie Leconte

10/8/20264 min read

Enfant Dys : comment développer son autonomie sans faire à sa place ?

Chronique d'une maman d'enfant DYS

« Attends, je vais le faire, ça ira plus vite ! »

Qui n'a jamais prononcé cette phrase ?

Quand on est parent, on veut aider son enfant. Lui éviter les difficultés, les frustrations, les échecs. Et puis, soyons francs, parfois on est pressés, fatigués, et on n'a pas forcément 20 minutes devant soi pour une tâche qui pourrait en prendre 3.

Mais quand on est parent d'un enfant DYS, cette question prend encore une autre dimension.

Parce que certaines choses qui semblent simples pour les autres peuvent demander à notre enfant des efforts considérables.

Alors, on aide. On anticipe. On fait à sa place.

Et sans le vouloir, on risque parfois de lui envoyer un message bien différent de celui qu'on souhaitait : « Tu n'es pas capable de le faire tout seul. »

Pourquoi l'autonomie est-elle parfois plus difficile pour un enfant DYS ?

Les troubles DYS peuvent avoir des répercussions très différentes selon les enfants.

Pour certains, écrire demande une énergie folle. Pour d'autres, organiser les étapes d'une tâche, se repérer dans l'espace, lire une consigne ou coordonner leurs gestes représente un véritable défi.

Ce n'est pas une question de mauvaise volonté.

Un enfant peut parfaitement comprendre ce qu'on lui demande et rencontrer malgré tout de grandes difficultés pour le réaliser.

Et lorsqu'il accumule les situations d'échec, il peut finir par ne plus oser essayer.

C'est là que notre posture de parent devient importante.

Aider, oui. Faire à sa place, pas systématiquement !

Je connais bien cette difficulté, à la fois comme maman d'un enfant DYS et dans mes accompagnements.

Quand on voit son enfant galérer, notre premier réflexe est souvent de lui faciliter la vie.

Et c'est bien normal !

Mais à force de faire à sa place, on peut involontairement l'empêcher d'expérimenter ses propres capacités.

L'autonomie ne signifie pas tout réussir seul, immédiatement et sans aide.

Elle consiste à apprendre progressivement à faire ce qui est possible pour soi, avec les bons outils et le bon niveau d'accompagnement.

Et parfois, notre rôle consiste simplement à accepter que cela prenne plus de temps.

Beaucoup plus de temps, même ! 😅

Comment encourager l'autonomie de son enfant DYS ?

1. Lui laisser le temps d'essayer

Avant d'intervenir, observons.

Est-ce qu'il est réellement bloqué ? Est-ce qu'il cherche une solution ? Est-ce qu'il pourrait y arriver avec quelques minutes supplémentaires ?

Nous n'avons pas toujours ce temps, bien sûr. Mais lorsque c'est possible, laissons-lui cet espace d'expérimentation.

2. Découper les tâches

« Va préparer tes affaires » peut représenter une consigne très complexe pour un enfant qui rencontre des difficultés d'organisation.

On peut commencer par une étape, puis une autre.

Une liste visuelle, une routine ou des repères concrets peuvent aussi l'aider à avancer sans avoir besoin d'un adulte à chaque instant.

3. Adapter plutôt que remplacer

Il ne s'agit pas de demander à un enfant de surmonter toutes ses difficultés à la seule force de sa volonté.

Un enfant dyspraxique, par exemple, peut avoir besoin d'outils adaptés pour certaines tâches motrices.

L'objectif n'est pas de supprimer toutes les aides. C'est de trouver celles qui lui permettent d'agir davantage par lui-même.

4. Valoriser les efforts et les stratégies

On félicite souvent le résultat : « Bravo, tu as réussi ! »

Mais pour un enfant qui rencontre régulièrement des difficultés, il est tout aussi important de reconnaître le chemin parcouru.

« Tu as essayé une autre méthode. »

« Tu as trouvé comment t'organiser. »

« Tu as demandé de l'aide au bon moment. »

Parce que demander de l'aide, c'est aussi une compétence d'autonomie !

5. Accepter que l'autonomie ne soit pas linéaire

Un jour, il y arrive. Le lendemain, c'est compliqué.

La fatigue, les émotions, la charge scolaire et l'environnement peuvent changer considérablement ses capacités du moment.

Ce n'est pas forcément une régression.

Et ce n'est pas une raison pour tout reprendre à sa place.

Et la confiance en soi dans tout ça ?

C'est peut-être le point qui me tient le plus à cœur.

Quand un enfant rencontre des difficultés au quotidien, il risque de construire une image de lui-même centrée sur ce qu'il ne sait pas faire.

Alors chaque petite expérience de réussite compte.

Chaque occasion de chercher, d'essayer, de se tromper et de recommencer peut contribuer à renforcer son sentiment de compétence.

Notre rôle n'est pas de le laisser se débrouiller coûte que coûte.

C'est de lui offrir un cadre suffisamment sécurisant pour qu'il ose avancer.

L'aider à grandir, ce n'est pas lui retirer tous les obstacles. C'est lui donner les moyens de les aborder à son rythme.

Et si on changeait aussi notre regard de parent ?

Je crois que l'autonomie de nos enfants nous demande parfois un sacré travail sur nous-mêmes.

Apprendre à patienter. Supporter de les voir chercher. Accepter qu'ils fassent autrement que nous.

Et reconnaître aussi nos propres limites : certains jours, on n'a tout simplement pas l'énergie nécessaire.

L'essentiel n'est pas d'être un parent parfait.

C'est de garder cette question en tête :

« Est-ce que ce que je fais pour l'aider aujourd'hui lui permettra de gagner en autonomie demain ? »

Une petite question qui peut changer beaucoup de choses.

Accompagner un enfant DYS ou TDAH sur la Côte d'Opale

Je suis Julie Leconte, thérapeute holistique et psychopraticienne spécialisée dans l'accompagnement des neuroatypies, à Marquise, près de Boulogne-sur-Mer et Wimereux.

J'accompagne les enfants et les adolescents qui rencontrent des difficultés de confiance en eux, de gestion des émotions ou de compréhension de leur propre fonctionnement, ainsi que leurs parents.

Mon approche vient en complément des accompagnements médicaux, paramédicaux et scolaires lorsque ceux-ci sont nécessaires.

→ Découvrir mes accompagnements pour les enfants et adolescents atypiques

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Julie Leconte – Thérapeute holistique & coach
Marquise – Côte d’Opale & en visio